« Bienvenue les Médecins Sans Vacances, ils viennent pour nous guérir et n’ont pas de temps pour prendre des vacances ! ».
Depuis plus de 30 ans, une ONG belge est présente en Afrique pour défendre le droit à la santé des populations défavorisées. Parmi les quelques 600 médecins et infirmiers composant le noyau dur de Médecins sans Vacances (MSV), un couple de Neupréens ; Bernadette Sterpin et Claude Desaive ! Une interview la main sur le cœur, pour la bonne cause…

À l’origine de Médecins sans Vacances, nous retrouvons les docteurs Frans De Weer et Johan Mattelaer. En voyage au Cameroun en 1980, le duo visite une clinique et est aussitôt touché par les réalités de l’hôpital africain.
Au contact d’un collègue camerounais, l’idée germe alors rapidement : Pourquoi ne pas consacrer une partie de leurs congés annuels à venir opérer la population africaine en manque de soins ?
Cette idée, tellement belle, sera mise sur pieds en une année, de sorte qu’une première mission est organisée dès 1981. Mais ce n’est qu’à partir de 2006 que Bernadette Sterpin et Claude Desaive rejoignent les MSV.

Infirmière, Bernadette Sterpin termine sa carrière professionnelle au Centre de Santé de Seraing peu avant ses premières missions. « J’avais débuté ma carrière en tant qu’infirmière en salle d’opération à l’hôpital de Bavière, j’adorais ça. Puis l’arrivée des enfants ainsi que l’emploi du temps chargé de mon mari m’ont amené à opter pour un emploi aux horaires plus adaptés à notre vie de famille. »

Claude Desaive, quant à lui, pic3est chirurgien à la retraite. « J’ai étudié la médecine à l’Ulg après avoir effectué mes humanités à l’Athénée de Seraing. Après mon service militaire, je suis engagé en tant qu’assistant au Service chirurgie du CHU où je travaille durant 7 ans avant de m’envoler en compagnie de ma femme pour les États-Unis. ».
Outre Atlantique, Claude est affecté à la recherche en cancérologie pendant un an avant de revenir en Belgique et d’intégrer le FNRS durant une quinzaine d’années. Il ajoute : « Je suis ensuite devenu professeur de chirurgie au CHU et j’ai terminé ma carrière comme chef de Service à la clinique André Renard de Herstal ». Quoique pensionné aujourd’hui, il reste encore à disposition du CHU pour des missions de consultant, ce qui lui permet de maintenir un niveau professionnel adéquat.

Priorité à la formation du personnel local…

« Nous partons fin février pour notre 25ème mission sur le territoire africain depuis 2006 », nous confie Bernadette. Soit près d’une année entière passée à œuvrer pour une meilleure médecine loin de chez eux ! Systématiquement dans le Sud Kivu – en République Démocratique du Congo -, au Burundi voisin ou au Rwanda.

« Rester fidèle à une région, un hôpital, nous permet d’assurer un meilleur suivi de nos missions précédentes » nous affirme Claude Desaive.pic4 Car non contents de prodiguer des soins et d’opérer les patients locaux les plus gravement atteints, la mission principale des MSV est aujourd’hui axée sur la formation des infirmiers et médecins africains aux techniques de soins et de chirurgie. Sur place durant deux semaines, les équipes de 3 à 4 professionnels belges travaillent main dans la main avec le personnel local ; L’objectif étant de laisser sur place une équipe compétente pour opérer et soigner en notre absence.

« C’est en formant du personnel local que nous pouvons rendre les plus précieux services » nous envoie tout de go le couple. Une mission qui semble aller comme un gant à Claude : « Ma formation professionnelle ainsi que mon expérience de professeur en Belgique me sont d’une grande utilité sur place. J’ai en quelque sorte un profil idéal pour les instances de Médecins sans Vacances. »

Dans le Sud Kivu, Claude et Bernadette ont la chance de pouvoir compter sur une équipe médicale locale fidèle et stable. Une bénédiction pour le groupe qui peut alors travailler plus efficacement.

Mais en quoi consiste une mission de deux semaines pour les MSV ?

Après qu’un groupe d’inspection ait vérifié la faisabilité d’une collaboration entre un hôpital et MSV, une équipe habituellement composée d’un médecin spécialiste – Urologue, Kinésithérapeute, ORL, Gynécologue, … –, d’un anesthésiste et de deux infirmières opératoire et postopératoire se rend sur place.
Durant deux semaines, ce sont entre 100 et 150 personnes, prévenues par la radio locale ou les organismes cultuels, qui se déplacent pour rencontrer les Médecins sans Vacances. Ceux-ci travaillent 5 à 6 jours sur la semaine, parfois jusqu’à plus de douze heures par jour. Un travail fatiguant avec des conditions « à l’ancienne ».

Heureusement, tous ces patients ne sont pas atteints de pathologies graves nécessitant une opération ; C’est pourquoi un premier tri est systématiquement effectué par le personnel local. Celui-ci pouvant compter sur un avis plus avisé du médecin spécialiste lors de diagnostiques plus compliqués.
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En fonction des pathologies rencontrées et de la qualité de l’équipe locale, il est alors possible que les opérations soient confiées aux médecins africains qui opèrent seuls ou sous notre supervision. Quant aux cas plus graves, ceux-ci sont attribués aux MSV qui se chargent d’opérer en démonstration opératoire.

Parmi les patients, beaucoup se présentent avec des problèmes de goitre, de hernie, dus la plupart du temps à « des conditions de travail extrêmes et à de grosses carences alimentaires ».
Et les conditions sanitaires ne les aident pas souvent : « Nous travaillons parfois sans électricité et nous manquons quotidiennement d’eau. Le manque de technologie nous amène aussi à ne pouvoir traiter certains cas… malheureusement ! », continue Claude.

« 50 Kilomètres à pieds pour nous remercier… »

En 7 ans de missions au Congo et au Burundi, le couple de Neupré a pu découvrir un peuple gentil, accueillant et extrêmement reconnaissant à l’égard des équipes belges de MSV.
Plusieurs fois au cours de leurs « vacances », Bernadette et Claude ont vu revenir d’anciens patients, sourire aux lèvres, ayant parcouru de longues distances à pieds pour les remercier.

Ainsi il y a quelques années, les MSV avaient reçu une mère et son nourrisson, né avec une malformation compliquée à traiter. Après avoir fait appel à un chirurgien pédiatrique pour leur venir en aide, l’enfant avait pu être opéré et sauvé.
Bernadette continue : « Quelques temps plus tard lors d’une autre mission au même endroit, nous avons eu le plaisir de voir réapparaître la mère de famille avec une petite fille d’un peu moins d’un an. Elle avait parcouru 50 kilomètres pour nous remercier en nous offrant le peu qu’elle possédait : deux œufs de poule dans un sac plastique ! ».
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Cette reconnaissance dont font preuve énormément de patients soignés par les Médecins Sans Vacances est une grande récompense pour Claude et son épouse. Elle nourrit leur motivation à retourner toujours auprès des populations défavorisées d’Afrique.
« En Belgique, nous possédons probablement la meilleure médecine du monde et je pense sincèrement que nous avons un dû envers ces peuples qui ont moins de chance que nous ! » conclut Claude.

Comment soutenir Médecins Sans Vacances ?

Tous les médecins et infirmiers accomplissent leurs missions gratuitement pendant leurs vacances. Au bureau également, un maximum de tâches administratives sont prises en charge par des bénévoles.
De ce fait, les coûts de notre administration générale sont très bas et nous pouvons affecter le maximum de nos moyens au travail médical en Afrique. Mais sans le soutien de 22.000 sympathisants, nous ne pouvons opérer personne !

Vous pouvez dès à présent :

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Médecins Sans Vacances asbl
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