Le 5 août 1914, au sud-est de Plainevaux, à l’endroit appelé « Le Chêne à la Vierge », le capitaine baron Camille Frédéric de Menten de Horne, commandant le 4ème escadron du 2ème Lanciers, fut abattu avec cinq de ses cavaliers lors des premiers combats de défense extérieure du fort de Boncelles. Ce fut le premier officier belge tué par l’ennemi.

Le 4ème  escadron du 2ème Lanciers, chargé de l’établissement d’un réseau de surveillance dans le secteur de Boncelles, s’était installé, le 4, vers 11h30, au château de Plainevaux, couvert par des petits postes, placés sur les voies d’accès et par des patrouilles, qui fouillaient les bois. Le 5 août, ayant appris que des ennemis étaient signalés en déplacement d’Esneux vers Plainevaux, il décida de se porter au cimetière de Plainevaux, à la jonction des routes d’Esneux par Hout-si-Plout et Strivay, et d’y attendre les événements.

Rapidement une vigie, en poste à Grandzée, vînt prévenir le commandant de Menten de l’arrivée d’une importante colonne boche par la route de Strivay. À 11h50, cette colonne, composée de troupes à pied, était en vue à quelques centaines de mètres.

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de Menten ne se soucia guère de la disproportion des forces, il porta son détachement, pied à terre, en avant dans la direction des Allemands, partie à droite de la route de Strivay, partie à gauche dans des chaumes sur pied, qui cachèrent ses hommes aux regards de l’ennemi. Les Teutons débouchaient, à cet instant même, du dernier tournant de la route. Les lanciers firent feu. Déconcertés par ce tir imprévu et meurtrier, les allemands ne  tardèrent pas à se ressaisir, puis à se déployer dans les champs des deux côtés de la voie. Le combat s’engagea. De part et d’autre, des hommes tombèrent pour ne plus se relever.

Le commandant de Menten et quelques uns de ses soldats furent de ce nombre. La lutte se poursuivit quelque temps encore, jusque vers 12h30, moment où l’escadron, menacé d’enveloppement par l’Est, abandonna le terrain. Il se retira en direction du bois de Plainevaux, pour rejoindre, via le fort de Boncelles, l’État Major du régiment à Liège…. »

Inauguration à Plainevaux du mémorial érigé à la mémoire du baron Camille Frédéric de Menten de Horne

C’est par une belle journée d’été, le 2 août  1936, que le coquet village de Plainevaux a certainement connu la plus grande animation de son existence.

Sous une multitude de drapeaux aux couleurs nationales, une foule nombreuse, parmi laquelle les habitants du village et des environs prenaient évidemment grande part, mais aussi diverses personnalités civiles,
religieuses et militaires, s’étaient réunies  pour assister à l’inauguration de ce monument dédié au Capitaine-Commandant baron Camille de Menten de Horne.

La stèle de granit, encastrée d’un bronze commémoratif, œuvre de l’architecte Faniel et du sculpteur Roo, a été élevée à l’endroit même où le Commandant de Menten a trouvé la mort.

Préalablement à la commémoration, une réception des participants principaux a été organisée à l’école des garçons, tout spécialement décorée, où le Bourgmestre de la commune, assisté des membres du Collège
échevinal et du Conseil communal, avait accueilli, outre le Ministre de la Défense, le Général Denis, Monseigneur Louis Joseph Kerkofs, Evêque de Liège, et l’Aumônier général de l’armée, des militaires de haut rang (les Généraux Jones, van Strydonck, Donnay de Casteau, Delfosse et le Colonel baron de Trannoy, Commandant du 2ème Régiment de Lanciers), la famille de Menten de Horne, les officiers du 2ème Régiment de Lanciers, les trompettes de cette unité et la musique du 14ème Régiment de Ligne, dirigée par le Capitaine Wilmet.inaug1-de-menten

Lorsque le cortège se forma en vue de se rendre au monument à inaugurer, vinrent s’ajouter aux dignitaires précités, d’importantes délégations de sections d’anciens combattants et d’invalides de guerre,  ainsi que, bien sûr, les enfants des écoles et leurs enseignants.

Au mémorial, gardé par quatre Lanciers, dont deux en uniforme pittoresque de 1914, c’est le Colonel baron de Trannoy qui, le premier, prend place à la tribune. Il remémore, avec émotion, que le 2ème Lanciers a eu le pénible honneur de donner le premier soldat, le cavalier Antoine Fonck, et le premier officier, le Commandant baron Camille de Menten de Horne, à la gratitude de la patrie.

La stèle est ensuite découverte et le Colonel en remet la garde au Bourgmestre de la commune, en étant convaincu qu’il serait bien gardé. La Brabançonne ponctue les paroles de l’orateur.

Le Bourgmestre, M. Gilon, suit, il accepte la garde du monument et affirme, avec certitude, qu’il sera entouré de la vénération de tous les habitants.

À cet instant, la chorale des enfants des écoles interprète « Pour ceux qui pieusement sont morts pour la Patrie », sous la direction de Melle Huberty, institutrice primaire.inaug2-de-menten

Monseigneur Kerkofs, évêque de Liège, bénit la stèle et, de toutes parts, les gerbes viennent s’amonceler au pied du granit.

Le Colonel Fritz de Menten de Horne, au nom de la famille, remercie et souligne la beauté artistique de l’œuvre. Il souligne aussi la conduite exemplaire de M. Gilon pendant la guerre et évoque sa déportation dans les geôles allemandes. Le baron Delvaux de Fenffe, gendre du baron Camille Frédéric de Menten de Horne, remercie et s’associe aux propos du Colonel de Menten de Horne.

Un an après, le 1er août 1937, le 2ème régiment Lanciers a commémoré le souvenir des soldats morts à Plainevaux et le Colonel baron  de Trannoy, chef de la délégation, a dévoilé une couronne en fer forgé scellée dans le monument.