La pompe à eau

« Labay » était un tout petit groupe de cinq maisons dont la situation était perpendiculaire à la rue Rimière. Ce qui attirait les Rotheusiens, c’était la proximité de  » la Brassine  » gentil manoir où le docteur Jacob recevait ses patients.
 » J’étais encore un petit garçon et devant notre maison un puits nous fascinait mon frère et moi, aussi nous fûmes très heureux lorsque nous pûmes puiser l’eau. La margelle du puits était au ras du sol, la maçonnerie disparaissait dans les entrailles de la terre. Une taque solide couvrait le tout, un anneau soudé à la grille nous permettait de soulever le couvercle et de la glisser sur le côté, nous étions munis d’un seau et d’une grosse corde: avec quelle joie nous lancions le seau, mais pour l’extraire de la cavité, nous devions unir nos forces et nous remplissions cruches et seaux avec entrain. Notre vieux voisin profitait de notre présence pour aligner ses seaux, à la suite des nôtres. Maman n’était tranquille et rassurée que lorsque la grille était replacée.
Au fur et à mesure que je grandissais, ce n’était plus un jeu mais une corvée. J’avais 17 ou 18 ans quand la commune fit sceller une pompe en fonte au-dessus du puits qui avait bien servi le quartier. Soixante années après son placement, la pompe est toujours aussi fière. «