Avec la fusion des communes au début de 1977, l’histoire de quatre petits villages, limitrophes du Condroz Liégeois, se termine.
Historiquement la Principauté de Liège englobait Neuville, Ehein, Plainevaux et la Rimière tandis que Rotheux dépendait du Duché de Limbourg jusqu’en 1794.

Quelles étaient les formules souhaitées par ces petites communes ?

Neuville: rester seule (11 sur 11), à défaut fusion avec Rotheux et Plainevaux (6 contre 4 et une abstention).
Ehein : malgré la présence d’un Bourgmestre, a toujours dépendu de Neuville (école, cimetière, voies de communication), car l’autre partie d’Ehein se trouve sur la rive de la Meuse et est séparée d’Engis-Haut par le bois d’Engihoul.
Plainevaux : fusion avec Neuville et Plainveaux (5 contre 4) ou avec Rotheux et Neuville (9 sur 9).
Rotheux : fusion avec Neuville et Plainevaux (5 contre 4). Le conseil communal de Seraing était favorable à une fusion avec les trois villages mais ceux-ci, par leurs mandataires communaux, sont opposés à une absorption par Seraing qui se tourne alors vers Boncelles et envoie par la même occasion Plainevaux vers Rotheux et Neuville.

Quel nom choisir ?

Aucune des quatre communes ne peut prétendre dominer les autres, aussi faut-il trouver un terrain d’entente.
Au carrefour de Neuville, Plainevaux et Rotheux se trouve un lieu-dit appelé « Neupré ». L’appellation de ce point central est choisie à l’unanimité des voix et coïncidence heureuse mais non voulue, elle rassemble les initiales des quatre villages : Neu, P, R, E. Ces anciennes communes comptent 3170 hectares.

Réussir la fusion

La réussite de la fusion est une gageure d’autant plus que la route du Condroz partage l’entité d’est en ouest, reliant Liège à Marche.
La population de 7207 habitants en 1977 évolue pour compter en 2000, 9808 habitants.
Cette population désire garder ce caractère rural que les hameaux à vocation agricole sont parvenus à conserver malgré l’urbanisation de certains lotissements.
Les facteurs physiques, les circonstances historiques, l’augmentation du nombre des habitants et leurs exigences quant au confort de la vie, le regroupement artificiel des villages ayant chacune une identité propre permettent de comprendre la difficulté de réussir le pari et la volonté de tous de le réaliser.