Cela faisait plusieurs mois que nous attendions l’opportunité de vous dresser le portrait d’un footballeur professionnel évoluant au Standard de Liège. Et puisque « tout vient à point à qui sait attendre », l’heure est venue de vous présenter Ricardo Faty.
Du haut de son mètre « quatre-vingt douze », le Franco-sénégalais de 28 ans est depuis deux mois un citoyen de Neupré. Eminemment sympathique et disponible, l’international sénégalais (4 sélections) répond sans détour à nos questions. Une interview plaisir…

Élu meilleur joueur du prestigieux tournoi de Toulon en 2006 489190900(comme Alan Shearer, Thierry Henry, Juan Roman Riquelme ou Javier Mascherano avant lui), le jeune Faty explose aux yeux du grand public alors qu’il n’a pas encore 19 ans. Joueur du RC Strasbourg, il est directement courtisé par le club italien de l’AS Roma qui le transfère à l’été 2006, quelques mois seulement après avoir brillé et remporté le tournoi international. Une opportunité sans nom pour le natif de Villeneuve Saint-Georges près de Paris.

Ricardo, tu as déjà été amené à voyager beaucoup sur tes 10 années de carrière. Peux-tu nous expliquer ce que tu as retiré de tes années professionnelles en Italie, en Grèce ou encore en Allemagne ?

Avant tout c’est quelque chose d’extrêmement enrichissant à vivre. J’ai d’abord eu la chance d’évoluer dans un championnat tel que la Série A, ce qui représentait un rêve pour moi. Lorsque j’ai eu vent de cette opportunité je n’ai pas hésité une seconde, même si je dois avouer que la marche était peut-être un peu haute à l’époque. Je n’avais que 20 ans en 2006, mais je ne regrette pas mon choix.

Quelle est ta place de prédilection dans le jeu et quel est ton rôle aujourd’hui dans l’équipe ?

Je suis un médian défensif. Cela signifie que je suis axé sur la récupération du ballon au milieu de terrain. Comme le disent les connaisseurs, il y a souvent « une bataille à remporter dans l’entrejeu » et c’est à ça que je participe. Mon rôle est donc d’aider l’équipe en apportant un soutien défensif tout en permettant sobrement aux attaquants de briller à l’avant du jeu. En fait, c’est un travail plus obscur qui permet d’apporter un équilibre à l’équipe.

Et c’est à ce poste que tu as toujours évolué ?
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Non. Lorsque j’étais en préformation à l’Institut National de Football de Clairefontaine (jusque 2002), j’étais plutôt porté vers l’attaque. C’est avec l’âge que j’ai développé des capacités physiques et de récupération plus adaptées au poste auquel j’évolue aujourd’hui. J’ai beaucoup grandi en peu de temps et c’est en arrivant à Strasbourg à 16 ans que j’ai été replacé dans le milieu du jeu.

Justement… malgré ta grande taille, tu as déjà pu en étonner certains quant à tes capacités techniques. Les connaisseurs gardent en mémoire ton retourné acrobatique avec Ajaccio contre Bordeaux ainsi que ton but en coupe d’Europe contre Rosenborg alors que tu évoluais en Grèce pour le compte de l’Aris Salonique. Dès lors, à quand une reprise de volée victorieuse avec le Standard ?

(Rire) J’espère le plus vite possible. C’est vrai que malgré ma taille on peut me considérer comme un joueur assez à l’aise techniquement. Cependant, le style de jeu du standard m’amène à me focaliser davantage sur l’aspect défensif cette année. Cela est dû au fait que nous avons un gros potentiel offensif au club. Je suis donc naturellement plus en retrait afin de garder intact l’équilibre de l’équipe sur la pelouse.
Mais c’est bien l’un de mes objectifs à court terme de marquer un beau but sous mes nouvelles couleurs. Je pense que cela ne tardera pas…

Ou un petit goal de la tête ? Un domaine dans lequel tu penses que tu peux encore t’améliorer ?

Oui j’ai encore une marge de progression quant à mon jeu de tête offensif. Mais il ne faut pas négliger que ma grande taille amène les défenseurs adverses à me marquer de près.
Je suis d’ailleurs souvent bousculé en phase offensive car les joueurs de grande taille font peur aux adversaires. Ils savent à quoi s’attendre.

 Toi qui as fréquenté des clubs de gros calibre, que penses-tu des installations mises à disposition des joueurs à l’Académie Robert-Louis Dreyfus ?

Les installations du Standard sont comparables aux meilleurs clubs Ricardo+Faty+Udinese+Calcio+v+Roma+Tim+Cup+P3L_ILxrSAXlfrançais, comme la Jonelière à Nantes, mais aussi d’Europe. C’est du très haut niveau !
Maintenant il est vrai que l’AS Roma est un cas à part même si le Standard n’a rien à lui envier.
Les infrastructures du club ont d’ailleurs pesé dans ma décision de rejoindre le RSCL puisque je savais que c’était un club très professionnel et que cela me permettrait de bénéficier d’excellentes conditions d’entraînement.

De bonnes conditions d’entraînement c’est une excellente chose, mais que penses-tu du climat belge, toi qui a longtemps évolué dans des villes côtières ou au climat méditerranéen ?

Ça me change mais honnêtement ça ne me gêne pas du tout, au contraire. Puis comme je suis originaire de Paris, le climat que je connaissais étant petit est sensiblement le même qu’ici.
Je dois même avouer que ça me fait plaisir de retrouver ce genre de météo.
C’est sûr que le soleil c’est agréable mais ça ne fait pas tout. Sincèrement, on peut s’en lasser. D’ailleurs, la pluie et la fraîcheur m’ont fait du bien depuis que je suis ici.

Cela fait donc deux mois que tu as rejoint le club, peux-tu nous décrire comment se déroule une semaine classique pour un footballeur professionnel du Standard ?
Ricardo+Faty+Standard+de+Liege+v+KVC+Westerlo+X5FDe5QVKrhl
Nous avons entraînement le matin, dès 9h30 ou 10h00 et ce jusque midi. Systématiquement ensuite, nous déjeunons ensemble avant de bénéficier de temps libre.
Ce temps libre, nous en profitons pour rester à l’Académie afin de récupérer ou de procéder à des soins en compagnie des kinés et des médecins du club. On peut également profiter des salles de sport mises à notre disposition mais la récupération prime avant tout. Moi-même je rate rarement une sieste ; C’est quelque chose dont j’ai grand besoin.

On se concentre également sur notre adversaire de la semaine, notamment durant les mises au vert qui ont lieu le jour précédant les rencontres. Nous logeons alors à l’Académie tous ensemble avant de rejoindre le stade pour le match.

Les siestes… tu dois d’autant plus en avoir besoin que tu enchaînes les matches pour l’instant, en championnat, en coupe mais aussi en compétition européenne…

C’est vrai que j’ai rapidement enchaîné les matches depuis mon arrivée. Une petite fatigue peut s’installer avec les rencontres qui se succèdent mais nous ne voyons que le positif : si cela continue de la sorte, c’est que nous sommes toujours présents sur les trois tableaux !

C’est tout ce que l’on peut espérer en tant que supporter. Et quels sont tes objectifs aujourd’hui avec les Rouches ?

Clairement, mon objectif est que nous remportions le titre. Je pense sincèrement que nous avons l’équipe pour y arriver même si nous devons bénéficier encore d’un peu de temps pour que tous les nouveaux joueurs s’acclimatent et apprennent à se connaître au mieux.

D’ailleurs, qui connaissais-tu au club avant d’arriver à Liège ?

Je connaissais Adrien Trebel pour l’avoir côtoyé à Nantes mais également Yohann Thuram qui jouait à Troyes. Puis j’en connaissais d’autres de nom comme Mehdi Carcela, Geoffrey Mujangi Bia ou « Polo » Mpoku. William Vainqueur, mon ancien coéquipier à Nantes a également facilité mon intégration par ses conseils avisés sur le club…

Tu as aussi emménagé avec ta famille dans l’ancienne maison de William Vainqueur du côté de Plainevaux. Comment trouves-tu l’endroit depuis que tu t’y es installé ?

Tout d’abord c’est une très belle maison qui est idéale pour vivre avec ma femme et mes deux enfants. William me l’a proposée dès qu’il a su que j’avais signé au Standard. Ça m’a permis de débuter mon contrat au Standard dans de bonnes conditions sans que j’ai à me tracasser.11-jan-2014---ibrahimovic-disputa-bola-com-ricardo-faty-do-ajaccio-pelo-campeonato-frances-1389460448014_1024x682
Puis l’endroit est très calme et reposant, c’est vraiment ce que nous recherchions pour ma famille.
J’aime aussi beaucoup la situation de Plainevaux ; C’est juste à côté de l’Académie. Ca me change de Rome où je devais conduire durant 45 minutes pour rejoindre les terrains d’entraînement.
De plus les voisins sont sympas. Ils sont venus faire connaissance dès notre arrivée et nous ont expliqué quelques petites choses sur la vie de la commune. Bref, je peux dire que les belges sont très accueillants, ça fait plaisir.

Et as-tu pu visiter Liège ?

Oui plusieurs fois. C’est une très belle ville d’ailleurs. Mon fils est scolarisé à Liège et il nous arrive d’aller souper dans le centre en famille. Les gens me reconnaissent assez vite et sont toujours sympas. Enfin pour le moment… on verra après en fonction des résultats (rire).

Sinon je ne me sens pas dépaysé. Ca me fait même penser à Paris sous certains aspects puisqu’on sent bien que Liège est une ville festive qui regroupe tout ce qu’il faut pour se sentir bien.

Tu as également découvert un entraîneur atypique en arrivant à Liège. Toi qui as été coaché par Luciano Spaletti, Rudi Völler et Fabrizio Ravanelli, que penses-tu de Guy Luzon ?
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C’est sûr que c’est un entraîneur avec une grosse personnalité. Il sait très bien ce qu’il veut et arrive à nous le faire rentrer dans la tête. Il est également très exigeant quand il faut faire passer des consignes.

Je ne le connaissais pas avant d’arriver au Standard mais au bout de deux mois je peux dire que c’est un vrai bosseur qui se donne beaucoup de mal pour l’équipe. D’ailleurs je ne doute pas que la roue va tourner pour lui comme pour l’équipe.

Tu es un utilisateur chevronné de Twitter, souvent repris par d’autres sources en référence (@rickyfaty). Quelle est ton approche des réseaux sociaux en général et qu’est ce qui te plaît particulièrement dans ces médias ?

Je les utilise beaucoup afin d’être proche des gens qui m’apprécient. Ceux-ci suivent mes actualités ou celles de mon club et ça me permet de leur répondre et d’échanger pas mal avec eux. Ca reste cependant du divertissement et je les utilise plus pour m’amuser, certainement pas pour du marketing comme le font certains joueurs.

Je fais aussi ça pour discuter avec d’autres joueurs et supporters et je me dis souvent que si je n’avais pas été « pro », j’aurai apprécié que les joueurs soient proches de leur public comme j’essaye de l’être. Je ne sais pas répondre à tout le monde mais je fais le maximum pour me montrer disponible.

Au cours de ta carrière, tu as affronté et côtoyé de grands joueurs. Certains t’ont-ils laissé une plus grosse impression que d’autres?

Oui, il y en a deux en particulier puis quelques autres qui les talonnent de près.
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Tout d’abord Rivaldo que j’ai affronté en 2006 avec l’AS Roma alors qu’il prestait pour l’Olympiakos. Il avait déjà 34 ans mais il dégageait toujours une facilité et une technique incroyable. Puis c’était un de mes joueurs préférés lorsque j’étais plus jeune. Il m’a beaucoup impressionné.

Et le second, c’est Zlatan Ibrahimovic. On sent directement la puissance qui émane de ce joueur. C’est hors norme. Il est tout aussi grand mais deux fois plus costaud que moi. Et quelle agilité ! Je pense que c’est le joueur le plus fort contre qui j’ai joué. Puis je pourrais citer aussi Clarence Seedorf, Kàkà ou Alexis Sanchez.

Pour conclure, quel est ton meilleur souvenir en tant que footballeur ?

Mes trois années à Clairefontaine ont été merveilleuses. C’est un endroit magnifique pour les amoureux du foot… On était encore adolescents et on rêvait chaque fois que l’équipe de France arrivait au complexe pour s’entraîner.
Puis nous formions surtout une belle bande d’amis dont faisait partie mon frère qui était un peu plus âgé que moi. Ca restera gravé à vie dans ma mémoire…Ricardo+Faty+South+Africa+v+Senegal+International+4lGThJ888iil

Ensuite en tant que professionnel, ma plus grande satisfaction est ma victoire en coupe d’Italie avec l’AS Roma. J’avais joué la demi-finale contre le Milan AC et nous avions remporté la finale à Rome dans un stade comble. C’est le plus beau souvenir de ma carrière…

Avec plus de 10 matches à son actif depuis son arrivée en bord de Meuse, Ricardo Faty se révèle être le nouveau transfert le plus utilisé par son entraîneur depuis deux mois. Nous lui souhaitons de poursuivre sur sa lancée et de connaître à travers son travail au sein du Standard de Liège, de nouvelles sélections avec son équipe nationale du Sénégal.